Introduction

Français

Le Pays basque n’est ni la France au nord, ni l’Espagne au sud, bien que ces deux États y règnent. Ou du moins il n’est pas que l’Espagne ou la France. Si les institutions des deux pays qui le colonisent prétendent entièrement l’administrer, on s’aperçoit en l’arpentant qu’y palpite un monde autre, déroutant, presque anachronique au premier regard : le monde en interstices d’un peuple à la langue aux sonorités plus asiatiques que latines, à la culture vivace, qui se bat pour l’indépendance de son territoire. « Borroka », c’est la lutte, le combat, qui fait d’Euskadi une terre en partie étrangère à nos grilles d’analyse françaises. Les fractures politiques s’y ouvrent à des endroits inattendus, les groupes ou les partis portent des noms à nous inconnus, et l’héritage des luttes de ces soixante dernières années n’a que peu de commun avec le nôtre. Il y a donc de quoi piquer la curiosité de notre génération et des suivantes, qui n’ont pas connu les luttes de libération nationale, et n’ont guère eu dans le panel de leurs choix politiques celui de la lutte armée.
En traversant villes et villages du Pays basque Nord, à condition d’être attentif, on est délicieusement étonné de constater que la carte est menteuse. La France n’est pas partout, notre oreille nous le dit, à l’écoute de l’euskara qui sonne sec et dur ; lorsqu’on l’entend en passant, on sait que par ici, ça résiste. Voici une langue qui d’être simplement parlée a fait un geste politique. Bien obligée. Pas un geste de conservation, non, un geste d’avenir, plutôt ; l’avenir d’un peuple et de sa culture, menacés l’un et l’autre, s’il peut y avoir l’un et l’autre. Ce peuple-là est tout entier dans sa langue. Sans État, c’est elle qui devient – c’est bien plus noble – le drapeau qu’on arbore, l’identité qui nous tient debout. L’identité, pour nous qui l’avons vue pour partie capturée, instrumentalisée et parfois créée par un État, est un concept douteux, dont on se méfie. Mais son refus idéologique comporte le risque de nous vêtir du pâle costume de « citoyens du monde », ballottés par les vents post-modernes. Celle d’Euskadi bouscule nos prêts-à-penser, elle qui se trouve au fondement d’une résistance plus qu’acharnée. Elle offre également un éclairage sur notre propre et très actuelle situation politique, où résonne la Marseillaise au mitan des saccages les plus sauvages.
C’est donc afin de partager notre curiosité et notre enthousiasme à l’endroit de l’histoire politique et culturelle basque que nous avons écrit cet abécédaire. Nous ne sommes pas nés en Euskadi, n’y vivons pas, nous ne parlons même pas l’euskara, et c’est précisément depuis ce point de vue d’étrangers que nous relatons des événements, transmettons des interviews que nous avons récoltées ou des histoires qui nous ont été contées. Ne cherchez donc pas dans ces lignes une encyclopédie totalisante. Il y a bien sûr des épisodes et des bagarres qu’il nous reste à découvrir encore, et d’autres que nous n’avons pu développer afin de conserver un format réduit et introductif. Fort heureusement, de nombreux livres furent écrits sur les combats du Pays basque, et nous espérons modestement vous donner l’envie de vous y plonger. L’envie aussi d’aller à la rencontre de celles et ceux qui furent et sont la chair de ces luttes.
Cet abécédaire a été rédigé en 2019, dans les mois précédant le contre-sommet du G7 à Biarritz. Il a été pensé comme un premier contact avec un territoire et ses habitants, incitant les manifestants venus d’ailleurs à dépasser le simple aller-retour contestataire le temps d’un week-end estival. Trop de contre-sommets furent des feux de paille qui laissèrent les territoires les accueillant plus affaiblis que renforcés. Nous pensons que cette mobilisation, de par sa particularité historique et géographique, pourrait emprunter d’autres chemins, située qu’elle est au carrefour de l’agitation tous azimuts qui secoue la France ces dernières années (cortège de tête, zad, gilets jaunes) et de l’histoire exaltée d’Euskadi. L’intense créativité en termes de formes, de manières de contester et de se battre qui a surgi dans l’Hexagone, et le désir de conflictualité réelle qui y est apparu ne sont pas passés inaperçus au Pays basque. Car ici une lutte de 60 ans en arrive à un tournant. ETA a rendu les armes en 2017, entraînant une recomposition du monde indépendantiste. Au-delà du bien-fondé de l’arrêt d’une tactique dont beaucoup ne voyaient plus les perspectives, il ne manque pas de militants euskaldun (basques) qui considèrent la preste liquidation de l’héritage d’ETA comme un peu raide et le virage amorcé par trop serré. Comment continuer à se battre au Pays basque ? Comment faire pour que la politique ne soit pas kidnappée par les urnes ? D’où repartir ? Car un héritage très lourd demeure. La fin unilatérale du conflit n’a pas fait sortir les prisonniers ; bien au contraire, les campagnes de dénigrement à leur encontre se sont intensifiées. Les deux États qui les détiennent vont jusqu’à leur refuser leurs droits élémentaires. Alors il faut continuer les visites, les soutiens financiers, organiser des mobilisations… Telle est l’activité essentielle de nombreux groupes en Euskadi. D’autant que le dépôt des armes n’a pas entamé l’intense répression mise en place pour mater toute insubordination. Le 24 mars 2019, 60 000 personnes défilaient à Altsasu, en Navarre, en soutien à six jeunes condamnés à des peines allant de neuf à treize ans de prison pour un simple début de rixe avec deux policiers venus boire un verre en civil dans le café du village.
La menace systématique de l’anti-terrorisme ne favorise pas l’audace et la recherche de nouvelles formes. Elle suscite une crainte que l’on sent très nettement au sein de la plateforme contre le G7. Beaucoup d’organisations indépendantistes du sud sortent tout juste de périodes d’illégalisation qui ont parfois amené leurs membres à subir de longues peines de prison pour de simples délits d’opinion. Le discours de condamnation de toute violence qu’elles ont dû adopter pour ne pas être à nouveau interdites ne leur facilite pas l’organisation d’un contre-sommet, surtout lorsque le contexte français laisse à penser qu’il ne sera pas qu’une promenade… Ceux qui n’ont jamais condamné l’usage des armes, et qui en ont payé le prix, marchent également sur des œufs.
En face, le préfet refuse catégoriquement que le contre-sommet se tienne dans l’agglomération Bayonne-Anglet-Biarritz. Sans doute a-t-il eu une vague réminiscence de celui de l’Union Européenne qui s’y était tenu en octobre 2000. Les protagonistes étaient peu ou prou les mêmes, mais la stratégie n’avait rien à voir. C’était l’époque, au sud, de la kale borroka, la guérilla urbaine, érigée par ETA au rang de stratégie hebdomadaire de mise sous pression des rues du Pays basque. Les jeunes d’Haika (une organisation de jeunesse jadis présente des deux côtés de la frontière) s’étaient mobilisés. Dès le jeudi, 300 voitures et quatre autobus traversaient la frontière à grand renfort de klaxons, direction le quartier du Petit Bayonne qui devint leur QG pour le week-end. La première manifestation, le vendredi, partit sous la pluie vers Biarritz, mais un barrage de gendarmes mobiles la bloqua avant Anglet. Dès lors, comme le dira Jean Grenet, l’ancien maire, ce furent « les petits fours pour Biarritz, les cocktails pour Bayonne ». La manifestation laissa un motard de la police à terre, un poste de police passablement esquinté, de même qu’un concessionnaire Peugeot, un Mac Donald, un Quick, un autobus… Les heurts se terminèrent autour de barricades bloquant l’accès au Petit Bayonne, pour reprendre de plus belle le lendemain.
Presque vingt ans plus tard, les rues des villes du Pays basque seront-elles borrokisées ? Les autorités aimeraient s’en prémunir, proposant aux opposants de tenir leur contre-sommet à Dax dans les Landes, ou alors à Hendaye, loin en tout cas des dignitaires en goguette. Dans le même temps, ces derniers ne ménagent pas leur peine pour exciter les protestataires, plaçant leur sauterie sous la houlette de la lutte contre les inégalités sociales, pour la parité homme-femme et le sauvetage de l’Afrique. Un jeu de provocation périlleux, car même si les salons demeureront assurément inaccessibles du 24 au 26 août 2019, le reste du Pays basque Nord ne manquera point de lieux où batailler. En effet, quel méli-mélo que le déplacement de toutes ces délégations, de ces centaines de traducteurs et des 15 000 policiers annoncés, tous logés dans un rayon de 50 km autour de la cité balnéaire ! En pleine saison touristique, cela risque fort de transformer ce petit territoire en zone d’actions et de blocages. Et comme le hasard fait bien les choses, il se pourrait bien que les infrastructures d’accueil du G7 coïncident peu ou prou avec celles qui polluent au quotidien le Pays basque. Golfs, agences immobilières, infrastructures touristiques et axes de circulation majeurs offrent aux contestataires des perspectives à même d’éveiller la créativité la plus débordante. Et de matérialiser la solidarité avec les combats que les Basques mènent depuis des décennies contre ceux qui voudraient faire d’Euskadi une carte postale folklorique et pacifiée, recouvrant l’image plus sulfureuse de son histoire combattante.

Euskara

Euskal Herria ez da ez Frantzia Iparrean, ez Espainia Hegoan, bi estatu hauek bertan agintzen badute ere. Behintzat, ez da soilik Espainia edo Frantzia. Kolonizatzen duten bi estatuetako erakundeek uste badute ere osoki kudeatzen dutela, lurralde hori zeharkatzen duena konturatzen da bi errealitate direla bat bestearen gainean jarriak. Hexagonoko eta Espainiako normaltasun etsigarrien aldi berean, beste mundu bat badago pilpiran, harritzen duena, lehen begiradan ia anakronikoa dena: latinoa baino soinu asiarragoa duen hizkuntza daukan herri baten mundua bere zirrituekin. Bizirik dagoen kultura daukana eta bere lurraldearen independentziaren alde borrokan dagoena. Borroka hori dela medio, gure Frantziako azterketa bideentzat partez lurralde arrotza da Euskadi. Haustura politikoak uste ez dugun lekuetan agertzen zaizkio, bertako talde edo alderdi politikoek ezagutzen ez ditugun izenak dauzkate, eta azken hirurogei urteetako borroken herentziak gauza guti du ikustekorik gurearekin.
Dena egiten zaigu arrotz; izan abertzale ostatu bat, kartzelan dauden euskal militante independentisten argazkiak, edari batzuen zaporea edo karteletako musika taldeen izenak. Halaber, jakin-min berezia pizten digu nazio askapen borrokak ezagutu ez ditugun belaunaldikooi, ez baitugu agertu zaizkigun hautu politikoen artean inoiz ezagutu borroka armatuarena. Horregatik, ematen du Euskadin, beste lekuetan baino geldoago ezabatzen duela denborak iragan borrokalaria; non ez den ahanzturari gogorkiago buru egiten zaion gunea? Beti, bertan aurkitzen den politikak susmagarri dirudi, XX. eta XXI. Mendeetako borroken artean ixtaklok, geureak ez daukalarik testamentu izpirik atzean.
Ezen han, ez baita ikusten Frantzian zabaldua den sustrairik gabeko nihilismorik. Han, jendeak bere lurra maite du, bere herria, hizkuntza maite ditu. Ihardukitzeko harrotasuna Pirinioen bi aldeetarik hertsatzen eta zapaltzen duten kolonoen hizkuntzek baino aise hobeki erraten duen mintzaira hori. Soinu idor eta gogorra du, eta nonbait entzuten deneko badakigu leku horretan badela ihardukitzailerik. Hizkuntza mintzatzea bera jestu politikoa baita. Ezinbestez. Ez da kontserbaziorako jestua, etorkizunerakoa baizik. Arriskuan diren herri baten eta bere kulturaren etorkizuna, nahiz bereiz ez doazen bata eta bestea. Gezurretan dabiltza frantsesez, gazteleraz edota esperantoz gauza bera erraten dela diotenak. Kultura baten transmititzea eta biziaraztea ezin daiteke itzuli, hainbestetaraino baititu hitz bakoitzak historia bat, konnotazio bat, kantu bat adierazten, erdarazko hitz batek erran ez ditzakeenak. Herri baten funtsa laburbildu behar balitz, bere hizkuntza litzateke, osoki. Bereziki, estaturik gabe dagoenean, orduan bilakatzen baita -eta aise nobleago da-, agerian ematen den bandera, zutik mantentzen gaituen nortasuna. Nortasuna, partez ebatsi, instrumentalizatu eta, batzuetan, estatu batek asmatu digun pertsonoi, kontzeptu susmagarria zaigu; mesfidantzaz hartzen dugu, eta halakorik ez izanez, maizegi janzten dugu “munduko hiritarraren” arropa hitsa, haize post-moderno batzuek kulunkarazirik. Euskadikoak gure aurreiritziak inarrosten ditu, erresistentzia guztiz tematsu bateko zimendua den nortasuna delako. Bidenabar, guhaurren eta gaur-gaurko egoera politikoaz argibideak eskaintzen dizkigu, zeinetan Marseillesa entzuten baita istilu basatienen erdigunean.
Euskal Herriko historia politiko eta kulturalarenganako dugun jakin-min eta bihotz berotasunaren partekatzeko asmoz idatzi dugu alfabeto hau. Ez gara Euskadin sortuak, ez gara han bizi, ez dugu euskara mintzo, eta hain zuzen, atzerritar ikuspuntu horretatik ditugu kontatzen gertakari batzuk, eta bildu ditugun elkarrizketa edo kontatuak izan zaizkigun historiak transmititzen. Ez duzue, beraz, lerro hauetan aurkituko borrokaren entziklopedia orotarikorik. Noski, gertakari eta gatazka zenbait badauzkagu oraindik ezagutzekoak, baita garatu ahal izan ez ditugunak ere, sarrera edo lehen dasta gisa neurri txikian egoteko. Zorionez, liburu asko idatzi dira Euskal Herriko borrokez, eta umiltasun osoz hauetan sartzeko gogoa piztuko dizuegulako itxaropena daukagu. Horregatik, hauen erreferentziak jarri ditugu beharrezkoa zenean.

Alfabeto hau Biarritzeko G7 gailurraren aurreko hilabeteetan idatzia izan da. Brebiario baten moduan pentsatua izan da beste nonbaitetik etorri manifestariek hobeki ezagutu dezaten Euskadiko historia, lurralde baten eta bere herritarren lehen ezagutza gisa, udako asteburu batez egin joan-etorri ihardukitzailea gainditzera bultzatuz. Kontra-gailur gehiegi izan dira lastozko suak, hartu zituzten lurraldeak indartzeko ordez ahulago utzi dituztenak. Uste dugu lurralde hau, daukan historia eta geografia bereziarekin, beste bide batzuetatik ibil daitekeela, azken urte hauetan Frantzia inarrosten duen alde guzietako mugimenduaren (manifa buru, zad, jaka horiak…) eta Euskadiko historia beroaren bidegurutzean izanez. Frantzian, borrokatzeko eta ihardukitzeko agertu diren molde oso sortzaileei eta borrokarako zinezko gogoari ohartu zaie Euskal Herriko jendea. Hemen, 60 urteko borroka bihurgune batera heldua baita. ETAk armak itzuli zituen 2017an, mundu abertzalearen berrosaketa bat eraginez. Hark markatzen zizkiolarik hara-honatak horra arte, ezker abertzaleak estrategia aldatu du erakunde alorrerantz, hauteskundeak jarriz helburu. Askok nora zoan gehiago ikusten ez zuten taktika baten zentzuzko gelditzeaz harago, ez dira independentista guti diotenak ETAren ondokotzaren likidazioa soberaxko zaiela, eta hartu den bihurgunea hertsiegia dela. Nola segitu borrokatzen Euskal Herrian? Nola egin politika ez dezaten hauteskundeek bahitu? Nondik berriz abiatu?
Herentzia oso astuna baitu lurraldeak. Gatazkaren aldebakarreko uzteak ez du ekarri presoen askatzerik; alderantziz, haien aurkako zikintze kanpainak areagotu dira. Estatua, beren oinarrizko eskubideen ukatzeraino doa. Bisitekin jarraitu behar da, diruz laguntzen, mobilizazioak antolatzen… Euskadiko gazte talde frankoren jardun nagusia da. Gehiago dena, armen uzteak ez du gutxiagotu lurralde honen menderakaiztasunaren hezteko errepresio bizia. Joan den martxoaren 24an, Altsasun, 60.000 lagun zeuden kaleetan herriko sei gazteren sostenguz, zeinei bederatzi eta hamahiru urte arteko kartzela zigorrak emanak izan zaizkien, herriko taberna batera trago hartzera etorritako polizia batekin izandako liskar soil bategatik.
Auzitegien zama horrek ez ditu errazten ausardia eta forma berrien bilaketa. G7aren aurkako plataforman nabarmen hautematen dugun kezka bat eragiten du. Antolakunde independentista asko doi doia atera berriak dira ilegalizazio garaitik; bere kideetako batzuek presondegiratze luzeak pairatu dituztelarik iritzi delituagatik. Berriz ere debekatuak ez izateko gisan, bortizkeria oro deitoratzera behartuta izateak ez die errazten kontra-gailur baten antolaketa; are gehiago, Frantziako testuingurua ikusirik, pentsa daitekeenez ez da aisialdia izango… Armen erabiltzea inoiz kondenatu ez dutenak ere -eta larrutik ordaindu-, kontuz ibiltzen dira.
Parean, prefetak, ez du inondik ere onartzen kontra-gailurra Baiona-Angelu-Biarritzeko hirigunean egin dadin. Baliteke, 2000. urtean Europar Batasuneko goi bileraren aurka Baionan egin zenaz oihartzun zerbait entzun duen. Gutxi gorabehera protagonista berak ziren orduan, baina estrategia guztiz bestelakoa zen. Kale borrokaren garaia zen Hego Euskal Herrian, ETAk asteroko estrategia moduan jarria zuena Euskal Herriko kaleetan presioa egiteko. Haikako gazteak (garaiko mugaz bi aldetako gazte erakundea) mobilizatu ziren. Ostegunetik, 300 auto eta 4 autobusek muga zeharkatu zen, tutaka, Baiona Ttipiruntz, zeina asteburu osorako egonleku nagusia bilakatu baitzen. Lehen manifestazioa ostiralarekin abiatu zen Biarritzera buruz, baina jendarmeen lehen blokatze batek geldiarazi zuen Angelura gabe. Hortik aurrera, garaiko Baionako alkate Jean Grenetek esan bezala: “Biarritzerentzat zizka-mizkak, eta Baionarentzat koktelak” izango ziren. Manifestazioak polizia motordun bat utzi zuen lurrean, polizia etxe bat nahiko xehatua, baita ere Peugeot saltzaile bat, Mac Donalds bat, Quick bat, autobus bat…. Istiluak, Baiona Ttipirako sarrera mozten zuten barrikaden inguruan bukatu ziren. Biharamunean, liskarrak berriz hasi ziren, banketxe baten kalterako, baita euskal autonomia erkidegoko irrati eta telebista kate ofizialaren egoitzaren kalterako ere. Erreak, biak ere.

Ia hogei urte beranduago Euskal Herriko hirietako kaleak borroka gose ote dira? Agintariek horretaz babestu nahi dute, gailurraren aurkakoei kontra-gailurra Landetako Akize hirian egitea proposatuz; edo, bestela, Hendaian, baina dena den, goi agintarien festatik urrun. Aldi berean, agintari hauek berek bost eginahalak egiten dituzte aurkarien berotzeko. “Berdintasunik ezaren aurkako borrokaz” solastatzera joateko -gailur horri eman dioten izenburu zinikoa da- , Donald Trumpek hegazkin ontzi diskretu batean ostatu hartzeko asmoa du Bizkaiko golkoko uretan, asteburu osoan. Probokazio joko arriskutsua da, zeren 2019ko abuztuaren 24, 25 eta 26an urrezko aretoak ezin hurbilduzkoak izango badira ere, Ipar Euskal Herrian txokorik ez da faltako borrokatzeko. Zer nahas-mahasa ez den ordezkaritza guzti horiek mugitzea, beren ehunka itzultzailerekin, eta iragarri dituzten 15.000 poliziekin, itsas hiritik 50 kilometroko inguruan aterpetuak izanen direnak! Turismo garai betean, baliteke Iparralde osoa bilaka dadin ekintza eta bolkatzeen eremua. Eta halabeharrak baitu onik, badaiteke G7ren aterpetzeko azpiegiturak, guti edo aski, Euskal Herriko egunerokoa kutsatzen dutenen gertukoak izatea. Golfek, etxe agentziek, azpiegitura turistikoek, trafiko errepide nagusiek festaren nahasleei aukerak ematen dizkie sormen gaitasun bizienen adierazteko.
Frantziako presidenteak, hain segur, urte dorpe baten ondoren, bazukeen bere itxuraren lasaiki berriz argitzeko asmoa Lapurdiko harkaitz famatuaren gainean, munduko beste sei puxantek inguraturik. Baina komunikazio muntaketa orok, bereziki handikeriaz egina delarik, badu arriskua. Aurkakoei aukera ezin hobea eskaintzen die haren umiliatzeko mundu guztiaren bistan.

English

The Basque Country is neither the northern part of France nor the southern part of Spain, though these two states rule over it. The institutions of the two countries that colonize the area claim to administer every aspect of it, and yet it is possible to perceive the presence—disconcerting, almost anachronistic at first glance—of another world. This is the interstitial world of a people whose language sounds more Asian than Latin, a people with a lively culture, who fight for the independence of their territory. The struggle is called “Borroka”—the combat that makes of Euskadi a land that is in part resistant to the grid of French analyses. Political fractures open up at unexpected moments, groups or parties bear names unfamiliar to us, and the heritage of the struggles of these last sixty years there has little in common with ours. Thus, there is all that’s needed to pique the curiosity of our generation and the ones who come after us, who have not known national liberation struggles, and who have hardly if ever had armed struggle appear in the panoply of political choice offered to them.
An attentive traversal of the villages and cities in the northern Basque country brings the delightful realization that the maps lie. Our ears tell us that France is not everywhere—Euskara sounds dry and rough. When you hear it in passing, you know: this is resistance. Here is a language that simply by being spoken constitutes a political act. It has to be so. It is not a gesture of conserving but a gesture, rather, for and from the future –the future of a people and its culture, the one and the other threatened, if in fact the two can be thought separately. This is a people entirely in its language. Stateless, it is the language that becomes—in a much more noble fashion—the flag that is planted, the identity that makes a people stand tall. For those of us who have seen our own identity captured, instrumentalized and sometimes created by a State, identity is a doubtful concept, one that we distrust. But its ideological refusal runs the risk of transforming us into nondescript “citizens of the world,” buffeted about by the winds of post-modernism. The Euskadi identity shatters our received ideas to the extent that it is based in a relentless resistance. Additionally, it offers a window onto our own, very contemporary political situation, in which one can hear the Marseillaise resounding in the midst of the most brutal ransacking.
We wrote this ABC in order to share our curiosity and enthusiasm for Basque political and cultural history. We were not born in Euskadi, we don’t live there, we don’t even speak Euskara, and it is precisely from the situation of being foreign that we recount events and transmit interviews we have gathered or stories that were told to us. So don’t look for a comprehensive encyclopedia in these pages. There are, of course, episodes and battles remaining for us to discover, and others that we couldn’t develop fully if we wanted to stick to a short, introductive format. Fortunately, many books have been written about the combats in the Basque Country, and we hope—a modest hope—to make you want to dive into that literature. As well as to go and meet those who are the flesh and blood of those combats.
This ABC was written in 2019, in the months preceding the counter-summit of the G7 at Biarritz. We thought of it as the means for a first contact with the territory and its inhabitants, a way for demonstrators to go beyond the temporality of the simple summer weekend of protest. Too many counter-summits have been flashes in the pan that leave the territories that welcomed them more weakened than reinforced. We think that this mobilization, because of its historical and geographical particularities, could follow a different path, situated as it is at the crossroads between the multi-faceted agitation that has swept through France in recent times (“cortège de tête,” zad, Yellow Vests) and the exalted history of Euskadi. The intense creativity in terms of new forms, manners of protesting and fighting that have erupted in France, and the real desire for conflict that has emerged here have not passed unnoticed in the Basque Country. For there a sixty-year long struggle has reached a turning point. ETA relinquished its arms in 2017, leading to a recomposition of the pro-independence movement. Though it may well have made sense to bring an end to a tactic that many saw as a dead-end, there are Basque militants who consider the rapid liquidation of the ETA heritage a little inflexible and the turn taken far too sharp. How can the Basque Country continue to fight? How can it prevent politics from being hijacked by the voting booth? Where is there a new point of departure? A very heavy heritage remains. The unilateral ending of the conflicts did not mean the release of prisoners—much the contrary, campaigns disparaging them have intensified. The two States that imprison them have refused to recognize even their most basic rights. Visits must continue, as well as financial support and organizing mobilizations. . .These make up the essential activities of many groups in Euskadi—all the more so in that the relinquishing of arms has not lessened an intense repression whose goal is to stifle any insubordination. On March 24, 2019, 60, 000 people marched to Alrsasu, in Navarre, in support of six young people condemned to between nine and thirteen years in prison for a simple preliminary to a scuffle with two policemen in civilian clothes having a drink in the village café.
The systematic threat of anti-terrorism does not lend itself to boldness and the search for new forms. It gives rise instead to a fear that one can sense quite clearly at the heart of the platform against the G7. Many of the pro-independence movements from the south are only just now emerging from periods of illegality that have sometimes resulted in their members undergoing long prison sentences merely for a disagreement, a difference of opinion. The discourse they were forced to adopt condemning all violence, under pain of being outlawed again, does not make it easy for them to organize a counter-summit, especially when the French context gives reason to believe it won’t be a Sunday stroll on the beach. . .Those who have never condemned the use of arms, and who have paid the price, are also walking on eggs.
On the other side, the prefect categorically refuses that the counter-summit be held in the Bayonne-Anglet-Biarritz region. Undoubtedly he has a vague memory of the European Union summit that was held there in October 2000. The protagonists were more or less the same, but the strategy was completely different. It was the era, then, of the kale borroka—urban guerillas—developed by the ETA as a weekly strategy to maintain pressure in the streets of the Basque Country. The young people of Haika (a youth organization operating then on both sides of the border) were mobilized. Beginning on Thursday, 300 cars and four buses crossed the border amidst a deafening honking of horns, in the direction of the Petit Bayonne neighborhood which became their headquarters for the week-end. The first demonstration, on Friday, took off towards Biarritz in the rain, but a barrage of police blocked it before it could reach Anglet. From that point on, as Jean Grenet, the mayor at the time, would say, it was “cakes for Biarritz, and cocktails for Bayonne.” The demonstration left a police motorcycle on the ground, a police headquarters in shambles, as well as a Peugeot sales lot, a MacDonalds, a Quick and a bus. . .The clashes ended near the barricades blocking access to Petit Bayonne, to be taken up again the following morning.
Almost twenty years later, will the streets of Basque cities be borrokisized? The authorities would like to be prepared, proposing that the counter-summit be held at Dax in the Landes, or possibly at Hendaye—far, in any case from partying dignitaries. At the same time, these latter don’t spare any effort in exciting protest, by placing their jamboree under the auspices of the struggle against social inequalities, gender equality and saving Africa. This is a game of perilous provocation, for even if the halls will certainly remain inaccessible from August 24-26, 2019, the rest of the northern Basque country will not be lacking in places to fight. What a chaotic mishmash the displacement of all those delegations, the hundreds of translators, and the 15,000 police that have been announced, all lodged in a 50 kilometer section of the vacation village! In the dead center of the tourist season, there’s a strong probability that this small area will be transformed into a zone of actions and blockages. And as luck will have it, It may well be that the welcoming infrastructures of the G7 will more or less coincide with those that pollute the everyday of the Basque country. Golf courses, rental agencies, touristic services and major traffic crossroads offer demonstrators perspectives capable of awakening an overflow of creativity. And the possibility, as well, of entering into a real solidarity with the combats that the Basques have led for decades against those who would, by masking the sulphurous image of its history of combat, make Euskadi nothing more than a folkloric and serene picture postcard.